40 Rue de Gigant, 44100 Nantes

Les 7 erreurs à éviter quand on veut divorcer

Décider de divorcer est souvent l'aboutissement d'une longue réflexion. Mais entre la décision et la signature du jugement, le chemin est semé d'obstacles et de pièges. Agir sous l'empire des émotions, mal choisir sa procédure, ignorer ses droits patrimoniaux ou négliger l'intérêt des enfants : ces erreurs, fréquentes, peuvent coûter cher. Sur le plan financier, […]

Décider de divorcer est souvent l'aboutissement d'une longue réflexion. Mais entre la décision et la signature du jugement, le chemin est semé d'obstacles et de pièges. Agir sous l'empire des émotions, mal choisir sa procédure, ignorer ses droits patrimoniaux ou négliger l'intérêt des enfants : ces erreurs, fréquentes, peuvent coûter cher. Sur le plan financier, bien sûr. Mais aussi en temps, en énergie, et parfois en relations familiales durablement abîmées.

Voici les erreurs les plus courantes identifiées par Maître Océane Goursaud, avocate en droit de la famille à Nantes et Ancenis, et les clés pour les éviter.

Erreur n°1 – Se lancer sans connaître les différentes procédures de divorce


Le divorce n'est pas une procédure unique. En France, il en existe quatre :

  • le divorce par consentement mutuel, sans juge (depuis la réforme de 2017, loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016) ;
  • le divorce accepté, lorsque les époux s'accordent sur le principe de la rupture mais pas sur ses conséquences ;
  • le divorce pour altération définitive du lien conjugal, fondé sur une séparation de fait d'au moins un an ;
  • le divorce pour faute, lorsque l'un des époux a commis une violation grave des devoirs du mariage.

Chaque procédure correspond à une situation particulière et produit des effets différents. Opter pour un divorce par consentement mutuel quand l'accord est superficiel, ou invoquer la faute sans éléments probants solides, peut compromettre l'ensemble de la procédure.

À retenir : le choix de la procédure doit être arrêté avec votre avocat, en fonction de votre situation concrète et des objectifs que vous poursuivez.

À retenir

Le choix de la procédure doit être arrêté avec votre avocat, en fonction de votre situation concrète et des objectifs que vous poursuivez.


Erreur n°2 – Agir sous le coup des émotions


Le divorce est, avant tout, une rupture humaine. La colère, la tristesse, le sentiment d'injustice sont des réactions légitimes. Mais ils deviennent dangereux lorsqu'ils dictent les décisions juridiques.


Les erreurs émotionnelles les plus fréquentes :

  • accepter un accord défavorable pour « en finir au plus vite » ;
  • refuser tout compromis par principe, allongeant inutilement la procédure ;
  • utiliser les enfants comme levier de pression sur le conjoint ;
  • communiquer des informations sensibles sur les réseaux sociaux ou par SMS, éléments qui peuvent être produits en justice.


Le temps du divorce est aussi, souvent, le bon moment pour solliciter un accompagnement thérapeutique ou un soutien psychologique, en parallèle de l'accompagnement juridique.


Erreur n°3 – Négliger les questions patrimoniales


Le divorce entraîne la dissolution du régime matrimonial. Selon que vous êtes mariés sous le régime de la communauté légale, de la séparation de biens ou d'un contrat de mariage spécifique, les règles de partage sont radicalement différentes.


Parmi les erreurs patrimoniales récurrentes :

  • ne pas faire réaliser d'évaluation immobilière avant de fixer la valeur du bien commun ;
  • oublier d'intégrer les dettes dans le calcul de la masse à partager ;
  • renoncer à la prestation compensatoire (article 270 du Code civil) par méconnaissance de ses droits ;
  • ignorer les droits à la retraite et la possibilité d'une pension de réversion ;
  • signer une convention provisoire sans en mesurer les conséquences définitives.

À retenir

Un bilan patrimonial complet, réalisé avec l'aide de votre avocat et si nécessaire d'un notaire, est indispensable avant toute signature.


Erreur n°4 – Sous-estimer les enjeux liés aux enfants


La question de la résidence des enfants, de l'exercice de l'autorité parentale et de la contribution à leur entretien est souvent la plus douloureuse — et la plus lourde de conséquences à long terme.


Les erreurs à ne pas commettre :

  • confondre autorité parentale et résidence habituelle : même en cas de résidence principale chez l'un des parents, l'autorité parentale reste en principe conjointe (article 372 du Code civil) ;
  • accepter une pension alimentaire sous-évaluée sans disposer des éléments financiers de l'autre parent ;
  • négliger d'inclure dans la convention des clauses de révision claires (changement de situation, entrée en études supérieures…) ;
  • oublier que le juge aux affaires familiales (JAF) peut toujours être saisi en cas de désaccord, même après divorce.


L'intérêt supérieur de l'enfant, consacré par la Convention internationale des droits de l'enfant (CIDE) et le droit interne, doit rester la boussole de chaque décision.


Erreur n°5 – Se passer d'avocat ou vouloir partager celui de son conjoint


Dans un divorce, l'avocat n'est pas une option, et il ne peut jamais être commun aux deux époux.
Pour le divorce par consentement mutuel (par acte d'avocats, sans juge), la loi impose que chaque époux ait son propre avocat (article 229-1 du Code civil). Depuis la réforme de 2017, il n'est donc plus possible, comme cela se faisait auparavant, de divorcer à l'amiable avec un seul avocat pour le couple : vous devez être deux, chacun défendu par le sien.


Dans les autres procédures (divorce accepté, pour altération définitive du lien conjugal ou pour faute), la représentation par avocat est également obligatoire, et nécessairement distincte pour chaque époux, puisque vos intérêts sont opposés.


Vouloir s'en passer est un véritable piège. Si vous ne constituez pas avocat dans une procédure judiciaire, vous ne pouvez pas faire valoir vos propres demandes (pension alimentaire, prestation compensatoire, résidence des enfants…) ni contester celles de votre conjoint. Le divorce peut alors être prononcé, et ses conséquences fixées, sur la seule base de ce que demande l'autre partie, sans que votre position ait été défendue. Ce n'est donc pas une simple formalité : c'est votre capacité même à défendre vos droits qui est en jeu.

Un avocat dédié à votre seule cause :

  • analyse votre situation de manière indépendante ;
  • porte et négocie vos demandes dans votre intérêt exclusif ;
  • vous alerte sur les clauses défavorables que vous n'auriez pas repérées ;
  • constitue un rempart contre les pressions et les déséquilibres de pouvoir au sein du couple.

Enfin, le coût ne doit pas vous dissuader : si vos ressources sont insuffisantes, l'aide juridictionnelle peut prendre en charge tout ou partie des honoraires (loi n° 91-647 du 10 juillet 1991).

Erreur n°6 – Ignorer les délais et les obligations procédurales

Le droit du divorce est une procédure encadrée par des délais et des formalités précises. Les ignorer peut conduire à :

  • la caducité de la requête initiale ;
  • la perte de droits (notamment en matière de prestation compensatoire) ;
  • un allongement significatif de la procédure ;
  • des frais supplémentaires injustifiés.

Le délai de réflexion, les ordonnances sur mesures provisoires (dans les procédures contentieuses), les délais de recours : chacun de ces jalons doit être anticipé avec votre avocat.

Erreur n°7 – Confondre vitesse et précipitation

Vouloir en finir rapidement est compréhensible. Mais signer dans la précipitation une convention de divorce qui ne protège pas suffisamment vos droits peut avoir des conséquences durables, parfois irréversibles.

Un accord de divorce bien construit prend du temps. Ce temps est un investissement, pas une perte. Il permet de :

  • vérifier l'exactitude et l'exhaustivité des informations financières communiquées par le conjoint ;
  • s'assurer que les termes de la convention sont équilibrés et exécutables ;
  • anticiper les situations futures (remariage, déménagement, évolution professionnelle).

Vous envisagez un divorce ? Ne prenez pas de risques inutiles.

Maître Goursaud vous accompagne du choix de la procédure jusqu'à l'homologation de votre accord.

Prendre rendez-vous

Le divorce est une procédure juridique complexe, qui engage votre avenir sur plusieurs dimensions à la fois : financière, familiale, et personnelle. Les erreurs commises à ce stade peuvent avoir des répercussions longtemps après la signature du jugement.
Se faire accompagner par une avocate en droit de la famille dès le début de la réflexion — et non en dernier recours — est la meilleure décision que vous puissiez prendre pour protéger vos droits et ceux de vos enfants.


Mes derniers articles

COPARENTALITÉ

Garde d'enfant et vacances scolaires : comment ça se partage ?

Noël avec qui cette année ? L'été chez quel parent ? Qui part en vacances en premier en février ? Après une séparation, la garde d'enfant et vacances scolaires est souvent l'une des sources de tension les plus récurrentes entre parents. La loi ne fixe pas de modèle unique : elle laisse une large place […]

SÉPARATION & DIVORCE

Les 7 erreurs à éviter quand on veut divorcer

Décider de divorcer est souvent l'aboutissement d'une longue réflexion. Mais entre la décision et la signature du jugement, le chemin est semé d'obstacles et de pièges. Agir sous l'empire des émotions, mal choisir sa procédure, ignorer ses droits patrimoniaux ou négliger l'intérêt des enfants : ces erreurs, fréquentes, peuvent coûter cher. Sur le plan financier, […]

SÉPARATION & DIVORCE

“Quand le conflit s’installe, votre posture devient décisive.”

Dans les conflits parentaux chroniques, la tentation est forte. Répondre immédiatement.Corriger chaque accusation.Produire toutes les preuves possibles.Rétablir sa vérité. Ce réflexe est compréhensible. Mais il est rarement stratégique. 1. Le faux sentiment de contrôle Lorsqu’un message accusatoire arrive, il provoque : Répondre donne l’impression de reprendre la main. En réalité, cela peut installer une dynamique […]

COPARENTALITÉ

Après les fêtes, quand le conflit parental reprend

Janvier est parfois plus difficile que décembre Les fêtes sont passées.Et pour beaucoup de parents séparés, la tension revient. Pas forcément sous forme de disputes ouvertes.Mais plutôt une fatigue plus présente, des échanges plus courts, une irritabilité diffuse. Comme si la parenthèse s’était refermée trop vite. Si vous avez cette impression, vous n’êtes pas seul·e. […]

oceane gourseau podcast avocat majeli avocat

Maître Océane Goursaud

Avocate au Barreau de Nantes
Je prends RDV
logo avocat lgbt
barreau nantes logo
logo avocat paix
logo footer
Cabinet d'avocats en droit de la famille, droit pénal et défense des mineurs. Nantes & Ancenis.
Me Océane Goursaud - Majeli Avocat
02 85 52 50 60
40 Rue de Gigant, 44100 Nantes
Horaires
Du lundi au vendredi de 9h00 à 12h30 
et de 14h à 18h.